Comprendre comment SolarStratos vole grâce au soleil, sans une seule goutte de kérosène.
L’aviation solaire électrique, c’est quoi ?
Imaginez un avion… qui vole sans carburant. Pas de kérosène, presque pas de bruit, et une énergie qui vient directement du soleil. C’est exactement le principe de l’aviation solaire électrique. Et non, ce n’est pas de la science-fiction, c’est ce que fait SolarStratos, depuis Payerne, en Suisse, depuis plusieurs années déjà.

Le principe de base en trois étapes
Le fonctionnement est finalement assez intuitif :
1. Des cellules photovoltaïques sont intégrées sur les ailes de l’avion
2. Elles captent l’énergie solaire et la transforment en électricité
3. Cette électricité alimente un moteur électrique qui entraîne l’hélice
Le surplus d’énergie produit ? Il est stocké dans des batteries embarquées, pour être utilisé quand le soleil ne suffit plus.
Pensez à un vélo électrique : le panneau solaire, c’est la dynamo. La batterie, c’est le petit réservoir d’énergie. Et le moteur, c’est ce qui vous fait avancer. Sauf qu’ici, on est à 10’000 mètres d’altitude.
Le cas concret de SolarStratos
C’est là que ça devient vraiment intéressant. SolarStratos n’est pas un avion ordinaire. C’est un biplace solaire et électrique, conçu pour atteindre la stratosphère, cette couche de l’atmosphère située bien au-delà de la hauteur de croisière d’un avion de ligne. Une ambition vertigineuse, rendue possible par une gestion énergétique très précise.
Gestion de l’énergie en deux temps
1. En journée : produire et voler
Dès que le soleil brille, les cellules solaires intégrées dans les ailes entrent en action :
- Elles alimentent directement le moteur pour maintenir le vol
- Simultanément, elles rechargent les batteries
- L’objectif : produire plus d’énergie qu’on en consomme
On vole, et on fait le plein en même temps. Comme une voiture électrique qui récupère de l’énergie au freinage mais version solaire, et en continu.
2. En altitude ou sans soleil : les batteries prennent le relais
À mesure que l’avion monte, la pression atmosphérique diminue et les conditions se durcissent. Quand la production solaire ne suffit plus, les batteries lithium-ion prennent le relais.
Ces batteries ne sont pas des batteries ordinaires. Elles sont :
- Ultra-légères : chaque gramme compte quand on cherche à monter haut
- Optimisées pour la haute altitude : elles doivent fonctionner à faible pression atmosphérique
- Résistantes au froid extrême : l’avion évolue dans des températures extérieures pouvant descendre jusqu’à -60°C
L’équilibre clé : le vrai défi de SolarStratos
Voler à l’énergie solaire, c’est simple sur le papier. En pratique, c’est un exercice d’équilibre permanent entre quatre contraintes :
Chaque vol est une optimisation en temps réel. Le pilote, Raphaël Domjan, gère en permanence ces paramètres pour s’assurer que l’avion arrive à destination avec suffisamment d’énergie… et sans jamais dépasser la limite.
C’est un peu comme traverser une ville en voiture électrique avec un état de charge incertain, par -50°C, en montée, et avec interdiction de s’arrêter en cours de route.
Pourquoi viser la stratosphère ?
SolarStratos ne cherche pas seulement à voler. Il cherche à monter là où personne n’est jamais allé en avion solaire électrique habité.
Dans la stratosphère :
- L’air devient si raréfié qu’il ne représente plus qu’une infime fraction de la densité au niveau de la mer
- Les températures extérieures sont glaciales
- Les conditions se rapprochent de celles rencontrées aux portes de l’espace
- Le rayonnement solaire est maximal : avec une atmosphère beaucoup plus fine pour filtrer les rayons, les panneaux solaires se rapprochent de leur rendement optimal
C’est un environnement hostile pour les humains… mais idéal pour démontrer la puissance de l’énergie solaire.
Atteindre la stratosphère avec un avion solaire électrique habité, c’est prouver que cette technologie peut opérer dans des conditions extrêmes, mesurables et reproductibles, bien au-delà des démonstrations en basse altitude.
Un laboratoire volant
SolarStratos n’est pas là pour remplacer un Airbus demain matin. Son rôle est ailleurs : tester, valider, démontrer.
Chaque vol génère des données précieuses sur :
- Le comportement des batteries en conditions extrêmes
- L’efficacité des cellules solaires à haute altitude
- La gestion thermique des systèmes embarqués
- Les performances aérodynamiques d’un appareil ultra-léger
Ces données alimentent la recherche, inspirent les ingénieurs, et ouvrent la voie à des applications futures dans l’aviation durable.
En résumé, ce qu’il faut retenir
Source d’énergie: soleil + batteries lithium-ion
Fonctionnement: on produit le jour, on utilise en continu
Rôle des batteries: stabiliser le vol quand le soleil ne suffit pas
Vrai défi: l’équilibre énergétique permanent
Objectif: atteindre la stratosphère avec zéro émission
Impact: un laboratoire volant pour l’aviation de demain
SolarStratos ne vole pas seulement pour aller d’un point A à un point B. Il vole pour prouver que l’impossible d’hier peut devenir le standard de demain.
Spotlight
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